Votre site tourne sur WordPress depuis des années. Au début, tout allait bien. Puis les plugins se sont accumulés, les mises à jour aussi. Aujourd’hui :
- le site est lent,
- vous avez peur de cliquer sur “Mettre à jour”,
- vous payez une maintenance que vous ne comprenez pas vraiment,
- et vous avez l’impression que chaque petite évolution coûte une fortune.
Vous avez entendu parler des sites statiques (Next.js, Astro, etc.) :
- plus rapides,
- plus sécurisés,
- sans base de données,
- avec peu ou pas de maintenance technique.
Mais une question vous bloque :
“Si je quitte WordPress pour un site statique, vais-je perdre mon référencement Google ?”
La réponse courte : non, si la migration est bien faite.
La réponse longue : ce guide détaille comment faire.
Si vous êtes dirigeant(e) de TPE et que vous ne codez pas, votre rôle n’est pas de gérer seul(e) un plan de migration technique. Votre rôle est de :
- décider, avec des chiffres, si le passage à un site statique a du sens (performance, coûts de maintenance, SEO),
- vous entourer d’un prestataire (freelance, développeur, agence) capable de suivre un vrai plan de migration (audit, mapping, redirections, tests).
Tout ce qui suit peut être lu comme :
- une checklist de travail pour votre prestataire,
- et un cadre de contrôle pour vous (afin de vérifier qu’il ne se contente pas de “copier-coller” sans penser au SEO et à vos leads).
1. Quand une migration WordPress → site statique a vraiment du sens
Un site statique n’est pas la solution magique à tous les problèmes. Il est parfait dans certains cas, moins dans d’autres.
1.1. Cas où le site statique est idéal
- Vous avez un site vitrine (5 à 30 pages) pour:
- TPE,
- professions libérales,
- association,
- PME B2B.
- Vos contenus ne changent pas tous les jours:
- quelques mises à jour par mois suffisent.
- Vous n’avez pas besoin:
- de gestion de membres,
- d’espace client complexe,
- de contenu ultra-fraîche publié par plusieurs équipes chaque semaine.
Dans ces cas, WordPress vous impose une complexité que vous n’utilisez pas.
1.2. Cas où WordPress reste pertinent
- Gros blog éditorial multi-auteurs,
- e-commerce complexe (catalogue large, moyens de paiement multiples, plugins métier),
- système de membres / espace client / contenus privés.
Vous pouvez quand même:
- basculer une partie de votre écosystème en statique,
- garder WordPress uniquement pour certaines fonctions,
- mais ce guide se concentre sur le cas le plus courant : site vitrine complet.
2. Étape 1 — Audit du site WordPress existant
On ne peut pas migrer proprement sans savoir ce que le site fait déjà bien (ou mal).
2.1. Inventaire des contenus
- listez toutes vos pages via:
- le back-office WordPress,
- un crawl (Screaming Frog, Sitebulb),
- le sitemap XML,
- identifiez:
- pages services,
- page d’accueil,
- page À propos,
- pages Contact,
- articles de blog qui génèrent du trafic.
L’objectif : ne rien oublier d’important.
2.2. Analyse SEO de base
Dans Google Search Console, regardez:
- les pages qui reçoivent le plus de clics,
- les pages qui ont le plus d’impressions,
- les requêtes principales sur lesquelles vous apparaissez.
Notez pour chaque page clé:
- l’URL actuelle,
- le title,
- la meta description,
- les principaux H1/H2,
- les éventuels rich snippets (avis, FAQ, etc.).
2.3. Inventaire des fonctionnalités
Votre WordPress ne sert pas qu’à afficher des pages HTML. Il gère souvent:
- formulaires de contact (Contact Form 7, Gravity Forms…),
- recaptcha / anti-spam,
- commentaires (blog),
- widgets (bandeaux, sidebars),
- tracking (Google Analytics, Meta Pixel, etc.).
Listez:
- ce qui est indispensable,
- ce qui est accessoire (et qu’on pourrait supprimer),
- ce qui n’est plus utilisé.
2.4. Inventaire des risques
Repérez:
- les pages liées dans vos emails, signatures, brochures,
- les URLs présentes sur vos profils Google Business Profile, LinkedIn, annuaires, etc.
Ce sont des URLs “sensibles” : elles devront rester valides via redirection 301.
3. Étape 2 — Concevoir la nouvelle architecture statique
La migration est le moment idéal pour simplifier votre site.
3.1. Réduire la complexité
Posez-vous la question:
- avez-vous vraiment besoin:
- de 5 niveaux de sous-menus,
- de 12 pages services,
- d’un blog éclaté en 10 catégories ?
Souvent, une structure simple:
- Accueil,
- 2 à 5 pages Services,
- À propos,
- Projets / Références,
- Contact,
- éventuellement Blog / Ressources,
suffit largement pour une TPE/PME.
3.2. Définir les URLs cibles
Pour chaque page:
- conservez l’URL si elle est déjà propre (
/services), - sinon, définissez une nouvelle URL claire (
/creation-site-vitrine,/maintenance-site-web).
Construisez un tableau:
| Ancienne URL WordPress | Nouvelle URL statique | Action | |------------------------|-----------------------|------------------| | /nos-services/ | /services | Conserver/fusion | | /offre-essentielle/ | /tarifs-2026 | Redirection 301 | | /blog/ancien-article/ | /blog/nouvel-article | Redirection 301 |
Ce tableau deviendra votre plan de redirection.
3.3. Prévoir les contenus
Pour chaque page cible, précisez:
- objectif (information, conversion, preuve),
- niveau de détail (court, long),
- besoin éventuel en réécriture vs simple recyclage.
Le but : arriver dans la phase “dev” avec un plan de contenus réaliste, pas une liste de pages vides.
4. Étape 3 — Préparer la migration SEO (sans perte)
C’est ici que se joue la stabilité de votre trafic.
4.1. Préserver ou améliorer les balises importantes
Pour les pages qui fonctionnent déjà bien:
- conservez des titles proches (ou mieux, légèrement optimisés),
- gardez une description cohérente (en intégrant les nouveaux bénéfices si nécessaire),
- respectez l’intention de recherche originale.
Pour les pages faibles:
- profitez-en pour:
- clarifier le titre,
- ajouter des éléments tangibles (prix, cible, bénéfices).
4.2. Gérer les redirections 301
Une fois le mapping finalisé:
- implémentez des redirections 301 depuis l’ancienne URL vers la nouvelle,
- évitez absolument:
- les chaînes de redirections (A → B → C),
- les redirections vers la page d’accueil “au hasard”.
Chaque ancienne page doit pointer vers la page la plus proche en termes de contenu.
4.3. Recréer les données structurées
Si votre site WordPress utilisait déjà:
- schéma Organization / LocalBusiness,
- Article / BlogPosting,
- FAQPage,
reconstruisez-les côté statique, en propre:
- directement dans le code (JSON-LD),
- ou via votre nouveau système de contenu.
Les données structurées sont un excellent levier pour préserver vos rich snippets après migration.
4.4. Tester l’indexation
Avant bascule finale, sur un environnement de test (protégé pour éviter l’indexation):
- vérifiez que chaque page:
- renvoie bien un code 200,
- a les bons titles/meta,
- inclut les balises canoniques pertinentes,
- charge vite (surtout sur mobile).
5. Étape 4 — Remplacer les fonctions dynamiques WordPress
WordPress apporte beaucoup de “services” qu’il faut remplacer proprement.
5.1. Formulaires de contact
Au lieu de plugins lourds, un site statique peut utiliser:
- des services de formulaires externes,
- ou un backend léger (fonction serverless, API).
L’important:
- protéger les formulaires contre le spam,
- conserver les règles de consentement RGPD,
- mettre en place une notification claire (email, CRM).
5.2. Blog & actualités
Deux approches:
-
Vous bloguez peu (moins de 1 article/mois):
- vous pouvez gérer vos articles dans des fichiers Markdown,
- ou une petite interface headless,
- puis rebuild le site à chaque ajout (automatiquement).
-
Vous publiez très régulièrement:
- vous pouvez conserver WordPress comme backend de blog uniquement,
- et alimenter le front statique via API,
- ou choisir un headless CMS adapté.
L’essentiel: séparer votre vitrine (stabilisée, statique) de la couche éditoriale si elle est très active.
5.3. Suivi analytics & scripts
Profitez de la migration pour:
- simplifier vos scripts:
- un seul outil d’analytics (GA4 ou Plausible),
- bannière cookies conforme,
- charger les scripts en différé,
- supprimer les pixels inutilisés.
Sur un site statique, la base est déjà légère. Inutile de la recharger avec 10 trackers.
6. Étape 5 — Plan de bascule et tests
La dernière étape est opérationnelle, mais critique.
6.1. Environnement de préproduction
Avant d’écraser le WordPress public:
- déployez votre site statique sur:
- une URL de test (ex:
preview.votresite.fr), - ou un sous-domaine protégé par mot de passe.
- une URL de test (ex:
Testez:
- navigation,
- formulaires,
- responsive,
- tracking,
- redirections (même si la config finale sera sur le domaine principal).
6.2. Fenêtre de bascule
Choisissez un créneau:
- faible trafic (tôt le matin, tard le soir),
- en dehors de périodes critiques (événements, promo, etc.).
Étapes typiques:
- sauvegarde complète de l’ancien site (fichiers + base de données),
- mise en place du nouveau site statique sur le domaine,
- application des redirections 301,
- vérification manuelle des pages clés.
6.3. Plan de rollback
Même si on espère ne pas s’en servir, ayez un plan de retour arrière:
- ancien site WordPress prêt à être remis en ligne rapidement,
- ou possibilité de repointer temporairement vers une page d’attente claire en cas de bug.
Un bon plan de migration tient compte du fait que tout ne se passe pas toujours comme prévu.
7. Après la migration : surveiller, ajuster, profiter
Une fois la migration effectuée:
7.1. Surveiller Search Console et analytics
Pendant 4 à 8 semaines:
- suivez:
- les erreurs 404,
- les pages exclues,
- les positions sur les mots-clés principaux.
Peaufinez:
- les titles/meta si besoin,
- les redirections manquantes.
7.2. Monitorer les conversions
Comparez avant / après:
- nombre de demandes de devis,
- appels,
- formulaires envoyés.
Si la conversion baisse malgré de bonnes performances techniques, il faudra ajuster:
- les CTA,
- les textes,
- la structure des pages.
7.3. Profiter de la nouvelle base
Une fois la migration stabilisée:
- vous bénéficiez d’un site plus rapide, plus stable,
- sans mises à jour de plugins à enchaîner,
- avec des coûts annuels largement inférieurs.
Vous pouvez vous concentrer sur:
- votre contenu,
- votre SEO,
- vos offres.
FAQ — Migration WordPress vers site statique
Est-ce risqué de migrer un site WordPress vers un site statique ?
C’est risqué si:
- on ne fait pas d’audit préalable,
- on ne gère pas les redirections 301,
- on ne pense pas à répliquer les données structurées.
Avec un plan solide (audit, mapping, redirections, tests), le risque est faible et les bénéfices (performance, sécurité, simplicité) sont importants.
Combien de temps dure une migration WordPress → statique ?
Pour un site vitrine de 10 à 30 pages :
- audit + conception structure: 1–2 semaines,
- développement + intégration contenus: 2–3 semaines,
- tests + bascule: 1 semaine.
Soit 4 à 6 semaines au total, si les contenus sont prêts.
Vais-je perdre mes articles de blog WordPress ?
Non, à condition de:
- les exporter correctement (contenu, slug, dates, images),
- les réimporter dans le nouveau système (Markdown, headless CMS, etc.),
- rediriger les anciennes URLs vers les nouvelles.
Vous pouvez aussi choisir de ne migrer que les articles encore utiles, et d’archiver le reste.
Un site statique est-il vraiment meilleur pour le SEO qu’un WordPress ?
Google ne “préfère” pas une technologie en particulier. En revanche :
- un site statique est généralement plus rapide,
- plus stable (moins de bugs, d’erreurs 500),
- plus simple à optimiser (moins de couches techniques).
Ces facteurs sont favorables au SEO, surtout sur mobile, à condition de garder un contenu solide et une structure propre.
Que faire de mon ancien serveur WordPress après migration ?
Une fois la migration stabilisée (1 à 2 mois) :
- gardez une sauvegarde complète (fichiers + base) en local ou sur un stockage sécurisé,
- résiliez l’hébergement WordPress si vous n’en avez plus besoin,
- conservez vos identifiants de domaine et configurateurs DNS (ils restent indispensables).
Le but est de réduire les coûts récurrents sans perdre votre historique.
Si vous envisagez une migration WordPress → site statique pour votre TPE, profession libérale ou association, je peux vous accompagner sur :
- l’audit SEO et technique,
- le plan de migration (mapping, redirections),
- la création du nouveau site statique,
- la bascule sans perte de trafic.

